Chez Btg communication, nous observons depuis plusieurs années l’évolution du monde de l’influence sur internet. Entre fascination et scepticisme, l’influence suscite des débats. Que l’on parle de grandes personnalités nationales ou de micro-influenceurs locaux en région Centre-Val de Loire, la question reste la même : qu’en est-il vraiment, au delà de la caricature ?
Voici notre analyse, nourrie par notre expérience en tant qu’agence de communication et de marketing !
C'est quoi un « vrai métier » ?
Avant de trancher, posons-nous la question : qu’est-ce qui fait qu’une activité devient un métier légitime ? Chez Btg communication, on a vu le domaine de l’influence se structurer au fil des années, se professionnaliser, et nous sommes bien placés pour observer ce qui différencie un hobby d’un véritable métier.
Les critères traditionnels d’un métier :
- Une compétence spécialisée acquise par l’apprentissage ou l’expérience
- Une création de valeur pour autrui (client, employeur, société)
- Une rémunération en échange de cette valeur
- Une certaine pérennité et reproductibilité de l’activité
- Une déontologie ou cadre professionnel (même informel)
Si l’on s’en tient strictement à cette grille, beaucoup d’activités aujourd’hui reconnues comme des métiers n’auraient pas passé le test il y a 50 ans : développeur web, community manager, data scientist… La notion de « vrai métier » est donc évolutive et culturellement située. Elle reflète les besoins d’une époque.
L'influence comme activité économique
Nous constatons que le marché de l’influence est devenu un secteur économique structuré. Le marché mondial de l’influence marketing dépassait 21 milliards de dollars en 2023, avec des projections qui tablent sur plus de 30 milliards d’ici 2026.
Ces chiffres témoignent d’une réalité : il existe bel et bien un écosystème économique mature autour de l’influence, avec ses règles, ses acteurs, ses standards.
Les sources de revenus d’un influenceur professionnel :
- Partenariats de marque et contenus sponsorisés
- Commissions d’affiliation
- Vente de produits ou services propres
- Monétisation des plateformes (YouTube, Twitch, TikTok)
- Prestations de conseil ou formation
Notre analyse : L’objection classique « mais ils ne produisent rien ! » ne résiste pas à l’examen. En tant qu’agence de communication, nous savons que produire de l’attention qualifiée, de la recommandation authentique, du storytelling pertinent, c’est créer de la valeur mesurable. Cette valeur est recherchée par les marques et se traduit en résultats concrets : taux d’engagement, notoriété, conversions.
Les compétences réelles
Vous vous demandez sûrement ce qui fait la différence entre un créateur amateur et un professionnel. Une chose est certaine : ceux qui durent maîtrisent bien plus que la simple création de contenu.
Certes, la barrière à l’entrée est faible : un smartphone et une connexion internet suffisent pour débuter. Mais pérenniser une activité d’influence demande un ensemble de compétences que nous, professionnels de la communication, reconnaissons et valorisons.
Les compétences nécessaires pour un influenceur professionnel :
- Création de contenu de qualité : écriture, direction artistique, montage – des savoir-faire qui s’apprennent
- Compréhension des algorithmes et optimisation des contenus (SEO/SMO)
- Capacité d’analyse : interprétation des analytics, ajustement des stratégies
- Professionnalisme commercial : respect des deadlines, qualité de livraison, négociation
- Community management : relation avec l’audience, modération, gestion de crise
- Personal branding cohérent : construction et maintien d’une identité forte
Notre point de vue : Travailler avec un influenceur professionnel, c’est collaborer avec un entrepreneur créatif qui maîtrise son audience, comprend les enjeux marketing, et délivre des résultats. Ce n’est pas « juste poster une story ». C’est un vrai savoir-faire.
L’exemple de Léna Situations (Léna Mahfouf), qui compte parmi les influenceuses françaises les plus professionnelles. Au-delà de sa présence sur les réseaux sociaux, elle a structuré une véritable entreprise : création d’une marque de mode (Hôtel Mahfouf), écriture d’un livre, podcast, collaborations maîtrisées avec des grandes marques. Son parcours illustre parfaitement cette professionnalisation : formation en école de commerce, équipe dédiée, stratégie de contenu cohérente, diversification des revenus. Ce n’est plus du « partage spontané », c’est du business structuré.
Les zones grises que nous constatons
En toute transparence, en tant qu’experts de la communication, nous sommes aussi témoins des problèmes du secteur. Et il serait malhonnête de ne pas les mentionner.
1. L’absence de régulation uniformisée
Nous le voyons au quotidien dans le secteur : il souffre encore d’un manque de standardisation. Pas de certification obligatoire, pas de code de déontologie universel. Résultat : des pratiques très hétérogènes.
Nous pensons qu’une meilleure régulation et des standards professionnels clairs seraient bénéfiques pour l’ensemble de l’écosystème : transparence des partenariats, authenticité des audiences, alignement éthique.
2. La précarité réelle d’une partie du secteur
Soyons honnêtes : pour chaque influenceur qui vit confortablement de son activité, des milliers peinent à générer quelques centaines d’euros par mois. La courbe de rémunération est extrêmement inégalitaire.
Notre point de vue : ne pas encourager n’importe qui à « devenir influenceur ». C’est un métier exigeant, qui demande un investissement conséquent, et dont la réussite n’est pas garantie. Comme tout métier créatif ou entrepreneurial.
3. La question de la valeur créée
Certains contenus informent, éduquent, sensibilisent. D’autres sont effectivement plus futiles.
Notre positionnement : En tant qu’agence de communication, nous pensons que l’influence a sa place dans le paysage médiatique quand elle apporte une réelle valeur ajoutée : information de qualité, divertissement intelligent, éducation. Le marketing d’influence a du sens quand il est éthique et transparent.
Ce que nous observons : une professionnalisation en marche
Depuis nos débuts et la création de notre agence, nous observons l’évolution du secteur. La professionnalisation est réelle et se concrétise sous plusieurs formes.
Les signaux positifs que nous constatons :
- Cadres législatifs renforcés : la loi française de juin 2023 encadre mieux l’activité (transparence, interdiction de certaines pratiques)
- Formations spécialisées : écoles, certifications, masterclass, le métier s’enseigne désormais
- Syndicats et associations professionnelles : défense collective des créateurs
- Outils de mesure plus fiables : métriques standardisées, lutte contre la fraude
- Spécialisations émergentes : influenceurs B2B, micro-influenceurs de niche, experts sectoriels
Cette professionnalisation est essentielle. Elle bénéficie à tout l’écosystème : créateurs, marques, et consommateurs. Des standards clairs permettent de distinguer les professionnels sérieux des opportunistes.
Alors, verdict ?
Oui, l’influence est un vrai métier, et nous le disons avec conviction ! L’influence répond aux critères fondamentaux d’un métier : compétences spécialisées, création de valeur économique mesurable, rémunération, pérennité possible.
C’est un métier ! Jeune, en cours de structuration, avec ses défis, mais un métier tout de même. Comme le community management il y a 15 ans, comme le développement web il y a 25 ans.
Ce que nous recommandons :
- Aux marques : Privilégiez des influenceurs professionnels, exigez la transparence, favorisez les partenariats authentiques et mesurables.
- Aux influenceurs : Structurez votre activité, formez-vous, soyez transparents, créez de la vraie valeur.
- Aux agences et intermédiaires : Contribuons à la professionnalisation du secteur en imposant des standards éthiques et qualitatifs.
La vraie question n’est plus « est-ce un vrai métier ? », mais : « Quel type de métier voulons-nous que l’influence devienne ? »
Chez Btg communication, notre vision est claire : nous souhaitons voir émerger un écosystème d’influence professionnel, éthique, créateur de valeur réelle. C’est cette approche que nous défendons.
L’influence n’est plus un phénomène marginal. Elle a restructuré les codes de la communication et du marketing. En tant qu’agence, nous l’analysons comme un levier stratégique à part entière, au même titre que les relations presse, la publicité digitale ou les événements.